Une fois de plus, Paléo a prouvé pourquoi il est l’un des plus importants festivals européens, offrant cette année encore, une semaine mémorable aux 250’000 festivaliers venus profiter non seulement de la remarquable programmation, mais aussi des 136 meilleurs stands de nourriture du pays, des structures rendant le festival particulièrement esthétique et du soleil qui nous a fait le plaisir durant l’entiereté de la semaine et pour la 3e année consécutive, d’éclairer nos souvenirs de ses rayons bienfaisants.
Des concerts mémorables
Parmi les concerts à retenir cette année, et ce pour les bohèmes que nous sommes, la semaine a démarré très fort avec l’icône Patti Smith qui a ouvert le bal mardi sur la Grande Scène. La prêtresse du punk, véritable légende et muse inspirante, a offert une performance empreinte d’une grande authenticité qui nous a totalement bouleversé, nous laissant avec le sentiment d’avoir énormément de chance de pouvoir encore applaudir des artistes à la personnalité et à la carrière aussi exceptionnelle que cette grande dame. (Merci à Jacques Monnier, programmateur du festival, de nous avoir offert un tel moment!)
Autre légende et temps fort de cette édition, Nile Rodgers & Chic qui ont transformé la plaine de l’Asse en un véritable dancefloor intergénérationnel, rappelant au passage à beaucoup que Nile est derrière un nombre impressionnant de hits marquants des 50 dernières années (Get Lucky de Daft Punk, c’est lui! Cuff it de Beyoncé, Material Girl de Madonna, Notorious de Duran Duran, Let’s Dance de David Bowie, derrière tous ces hits: toujours lui!) Entraînant l’immense public qui a dansé sans retenue, à 71 ans Nile Rodgers a démontré une fois de plus son incroyable talent de performeur et a fait groover Paléo comme rarement auparavant!

Durant la même soirée et créant l’événement, le Britannique Sam Smith, lauréat de plusieurs Grammy Awards et d’un Oscar, a livré un concert magistral, une expérience absolument inoubliable pour les spectateurs. En témoigne les nombreux festivaliers qui, à la fin de la semaine, parlaient encore de ce show avec une émotion palpable. Pour être clair, Sam Smith, son band et ses danseurs ont volé notre cœur et nous ont laissés bouche bée après un show exceptionnel d’1 heure 30 mêlant chorégraphies ultra créatives (mix parfait entre hip hop, ballet et danses tribales notamment), mise en scène époustouflante, musiciens captivants, le tout surmonté par Sam Smith, dont la voix hors du commun et le charisme unique, a capté l’attention de tous. Il n’y a pas à débattre, l’artiste incontournable a laissé une empreinte qui demeurera indélébile dans l’histoire de Paléo Festival.

Autre prestation mémorable, le concert d’Aurora, la jeune Norvégienne dont la personnalité délicieuse mi-ange, mi-démon, a fortement ému et marqué le public de la Scène Véga, seconde plus grande scène du festival. Avec sa voix angélique, sa gestuelle unique et son air de petite fille sortie d’un conte de fées, Aurora contraste et détonne lorsque son regard se fait perçant, presque menaçant, lorsqu’elle tourne sur elle-même comme possédée ou lorsque sa robe de princesse dévoile le dessous de sa poitrine sous une délicate mais transparente dentelle. Nous retenons particulièrement les paroles de certaines de ses chansons devenues les mantras de sa fan base, composée essentiellement de jeunes d’une vingtaine d’années, garçons, filles et non genrés, et pour beaucoup, extrêmement touchants face à leur idole. Un très beau moment qui a également enchanté cette -décidément exceptionnelle!- journée de mercredi.

S’il y a bien des concerts que nous avons envie de souligner, notamment celui d’Hoshi, de Khruangbin, ou encore de L’Impératrice, c’est d’un artiste souvent caricaturé dont nous avons envie de parler: Christophe Maé s’est présenté pour la seconde fois sur l’une des scènes de Paléo sous un soleil de plomb, alors qu’il s’était produit la première fois sous la pluie, comme il l’a rappelé à l’immense foule venue l’écouter ce dimanche. Grâce aux sonorités cubaines, cap-verdiennes ou encore sénégalaises de sa musique, le chanteur originaire de Carpentras, dans le sud de la France, a apporté une énergie positive et fort chaleureuse sur la plaine de l’Asse. Avec un band multiculturel et ultra souriant, une énergie inarrêtable et un style unique, Christophe Maé peut se féliciter d’avoir offert un moment de pur bonheur aux milliers de personnes parties après son concert, un grand sourire aux lèvres! (PS: Avec ses 4 énormes suspensions en rotin, ses multiples tapis, fauteuils, tabourets et guirlandes lumineuses, Christophe gagne le prix de la scénographie la plus bohème de toute cette édition!)

Innovation et tradition
Cette année, Paléo a innové en remplaçant le traditionnel feu d’artifice du dimanche soir par un spectacle de drones, une première en Suisse! Quelques 900 drones ont ainsi survolé le festival, créant un spectacle aérien captivant pour la plupart des festivaliers qui n’avaient encore jamais vu pareil spectacle. Si l’essai est, selon nous, une réussite et est indéniablement à réitérer, nous déplorons qu’il ait été si peu visible depuis la Grande Scène où étaient massés la plupart des gens en attente du dernier grand concert du festival. Nous regrettons également le manque de créativité et de pertinence dans les figures créées par les drones, trop peu en lien avec Paléo, signant un résultat artistique quelque peu décousu. Néanmoins, le show fut plaisant à regarder et a, selon la rédaction, le potentiel de remplacer sans regrets et définitivement, le traditionnel feu d’artifice.
Mika et sa pop colorée pour finir en beauté!
Le concert de Mika a été le clou du spectacle, clôturant cette 47ème édition de Paléo en beauté. Avec une énergie débordante, l’artiste a littéralement transpiré des litres d’eau (on aimerait bien connaître la différence de son poids avant et après le concert!) et s’est donné sans filtre à son public, confiant notamment que Paléo était le festival préféré de sa regrettée maman. Changeant de costumes plusieurs fois, courant à gauche et à droite de la Grande Scène, dans un décor mouvant et plein de surprises, Mika a étonné le public de son audace lorsque, sans agent de sécurité, il a rejoint la foule ultra compacte, la traversant visiblement sans peur, à la recherche d’un « big boy » pour le porter sur ses épaules, le temps d’entonner son tube « Big Girl », repris à l’unanimité par une foule survoltée! Le concert s’est achevé sur une note spectaculaire avec l’apparition d’un immense cœur rouge gonflé, d’une quinzaine de mètres de hauteur, volant la place du chanteur sur scène et offrant une image finale mémorable à notre festival préféré.
-> Notez-le dans votre agenda, l’année prochaine Paléo Festival reprendra ses quartiers du 22 au 27 juillet. Le Village du Monde, quant à lui, sera dédié au Maghreb.

(Crédit photo de couverture: Lucie Gertsch)